mardi 14 juin 2011

L'ingénieur son d'IAM nous en dit plus sur le matériel utilisé par le Groupe lors des enregistrements

Philippe Amir est – entre autre – l’ingénieur du son résident du studio La Cosca, à Marseille. Ce studio est le QG du groupe IAM et de nombre d’artistes gravitant autour de ce groupe historique.

Ce n’est pas un hasard si ce groupe a fêté récemment ses 20 ans de carrière. Tout comme Philippe, ils ont un niveau d’exigence très élevé. Depuis longtemps, Philippe rêvait d’ajouter à son parc de matériel un ou plusieurs micros « de légende ». U47, C12, U67, ELA M 251… autant de référence que l’on aimerait ajouté à sa liste de matériel.

Encore faudrait-il pouvoir trouver ces micros ; et les trouver dans un état de fonctionnement correct. Sans compter l’aspect financier qui fait que c’est très difficilement envisageable.
Lorsque les micros FLEA sont arrivés, Philippe a rapidement voulu mettre ces challengers à l’épreuve. Au cours des mois, ce sont un FLEA47, un FLEA12 et un Fester qui sont venu garnir le parc micro de Philippe Amir.

Quand j’ai essayé pour la première fois un miro FLEA, c’était le 47. J’avais besoin d’un micro pour les prises de voix de l’album Saison 5 d’IAM dont on commençait la préproduction à l’époque et j’ai essayé autant de micros que j’ai pu. J’ai eu la chance de pouvoir tester ce FLEA47 qui m’a bluffé. Mais avant d’investir je l’ai comparé à un 47 original en très bon état. Mon choix a été fait en 2 minutes. Choix conforté immédiatement par les avis des artistes eux-mêmes puisque l’un des membres du groupe est sorti du studio en disant « si je n’ai pas ce micro je ne chante pas ! ». Le coup de foudre était tel que j’ai immédiatement passé commande et me suis offert un FLEA.
Le C12 était pour moi un mythe inaccessible, en trouver un en bon état et pas trop cher relève du miracle. Connaissant la qualité des micros FLEA, j’ai voulu essayer le FLEA12 qui est une reproduction du fameux C12 d’AKG. Et là ce fut le coup de foudre, il faut l’entendre pour comprendre et ressentir ce qui se dégage de ce micro lors d’une prise de son. Pour faire simple, je pourrai le qualifier de beau, « naturel », précis… C’est assez difficile de verbaliser tout ça.

Bien que FLEA ce soit d’abord illustré par le « clonage » de micro de légende, la marque a assez rapidement proposé un micro au design inspiré par le CMV Neumann mais dont l’électronique était entièrement novatrice et « made in FLEA ». C’est ainsi que Fester (2 lampes en amplification, deux transformateur de sortie switchable et proposant un réglage du bias des lampes) a vite attisé la curiosité de notre ingénieur du son marseillais dont le parc micro comptait déjà deux micros FLEA à l’époque.



Fester est un micro vraiment unique. Au-delà de ses dimensions (plus gros qu’une bouteille de soda d’1,5 litre !), c’est d’un point de vue sonore qu’il s’illustre également, sa couleur sonore et la richesse de ses aiguës permettent d’éloigner le micro de la source sonore et donc de faire des prises plus distantes qu’avec d’autres micro. Avec deux lampes en série pour l’amplification dans le micro, c’est une bonne chose de s’éloigner de la source car le niveau de sortie du micro peut être tellement élevé que ça en devient difficile à gérer.

Avec ces trois micros FLEA, je me suis doté de trois outils fantastiques. Car c’est ainsi que je les vois : des outils de production, pour valoriser un peu plus mon travail et m’apporter du confort au quotidien : je sais que je dispose de micros excellents, neufs, fiables, sous garantie.
Je ne me suis pas offert une collection de micros en pensant à la revente mais véritablement des outils de travail !

Pour quel(s) type(s) d’application(s) Philippe utilise-t-il chacun de ces micros ?

Le FLEA47 est une sorte de 4×4, un micro tout terrain, une valeur sûre avec laquelle je suis assuré de faire une belle prise de son. Parfois dans des situations un peu compliquées (manque de temps, artiste stressé et/ou impatient…), il est bon de pouvoir s’appuyer sur un tel micro et avoir l’assurance qu’on aura un très bon rendu sonore et un « gros » son. C’est ce micro que j’avais choisi d’emmener au Maroc pour l’enregistrement du dernier album d’IAM, toutes les voix de l’album avait été faite avec le FLEA47.
Tout comme un U47 original, le FLEA47 apporte une certaine chaleur au son mais contrairement à l’original, il présente l’avantage d’avoir un médium/haut médium très doux qui permet très souvent de se passer de deesser au mix.

Le FLEA12 quant à lui excelle pour les prises d’instruments à cordes, de guitares acoutiques et sur les voix (homme ou femme) assez aigües. J’adore ce micro, ses aigus sont doux, précis et il apporte « de l’air » à la prise de son. La grande classe !

Fester me sert sur des voix plus rauques, sur des prises plus éloignées (ambiance de batterie mono par exemple) mais aussi parfois sur des guitares acoustiques.

En plus de ses activités avec IAM (notamment la préparation de l’enregistrement du prochain album du groupe, le sixième), Philippe et deux autres ingénieurs ont récemment lancé emixlab, une plateforme de mixage et mastering en ligne. Récemment, Philippe a enregistré et mixé le projet Diversidad qui réunit des rappeurs et producteurs de toute l’Europe et dont l’enregistement s’est fait au studio ICP (Bruxelles) et le mixage au studio Question de son (Paris).

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2 commentaires:

  1. Très instructif. Big Up à Mèche, travailleur de l'ombre. Quand comme moi on ne s'y connait pas dans ce domaine, on est loin de s'imaginer qu'il y ait autant de différences dans le mics, prise de voix etc. Pour moi un micro c'était un micro... *_* Le Graal ultime serait-il le micro de Philipe Risoli?

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  2. J'avoue, moi qui ne m'y connais absoluement pas, je suis surpris d'apprendre tout ça. Le meilleur doit être le micro d'argent, non ? - -'

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