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samedi 23 novembre 2013

[LaProvence] IAM "offre" un clip à la Fondation Abbé Pierre (titre officiel de l'article)



Tout part d'un rendez-vous manqué, à Thor dans le Vaucluse en septembre dernier. La Fondation Abbé Pierre organisait alors son festival C'est pas du Luxe, avec quelques belles têtes d'affiche comme Les Ogres de Barback. Les Marseillais d'IAM, fortement pressentis pour y donner un concert, avaient dû décliner l'invitation. La faute à une promo haletante et à la préparation du concert géant Urban Peace, au Stade de France.

Mais Akhenaton et ses acolytes n'en ont pas oublié les amis de l'abbé au grand coeur pour autant. "Ils étaient vraiment désolés de ne pas pouvoir être présents au Thor. Un peu plus tard, nous avons reçu un message de leur manager. IAM nous a alors fait une proposition qui nous a profondément touchés", raconte Inghelina Santonastaso.

Les poids-lourds du rap français ont fait "don" d'un morceau de leur avant-dernier album Arts Martiens, intitulé Habitudes. Une chanson qui raconte le quotidien d'un sans-abri, sur laquelle apparaît aussi Faf Larage. Comme hymne, la Fondation Abbé Pierre ne pouvait décidément rêver mieux, elle qui multiplie les actions marquantes, comme en 2011 avec le fameux Carton Rouge, d'Éric Cantona.

Pour lancer sa campagne 2013, la Fondation a participé au tournage du clip d'Habitudes, à La Friche-Belle-de-Mai à Marseille, sous la direction de Didier Daarwin, auteur de nombreux clips d'IAM. Le court-métrage, fait de jeux d'ombres, qui rappellent l'errance du SDF et le regard que les badauds portent sur lui. Ce clip poignant, véritable cri d'alarme, a été diffusé pour la première fois hier soir à l'Olympia, où les Marseillais donnaient un concert.

Le public de la célèbre salle du boulevard des Capucines a ainsi pu lire le message qui figure à la fin de la vidéo : "Plus de 140 000 d'entre nous sont sans domiciles." "Il sera ainsi diffusé dans de nombreuses manifestations de la Fondation, car il interpelle le grand public. IAM a fait là un geste immense pour les sans-abri et nous leur en sommes reconnaissants", indique-t-on chez l'Abbé Pierre. De son côté IAM vient de sortir son 7e (et dernier ?) album. Un opus toujours aussi engagé et conscient, fidèle à la tradition du groupe.

dimanche 10 novembre 2013

[DH.BE] IAM : "Si Le Pen passe, on s’installe à Bruxelles !"

Le groupe-clé du hip-hop français sort son "dernier album". Mais ne s’arrête pas… Ils sont les parrains, patriarches, d’un genre qu’ils portent toujours, malgré une quarantaine bien entamée, avec la même abnégation, la même philosophie, la même plume trempée dans une savante mixture de philosophie, de revendications, de culture et de véracité des quartiers, que celle de leurs débuts. Rien ne fera manifestement taire IAM, si ce n’est la réalité économique du marché de la musique. C’est ainsi que leur dernier album en date, IAM, dans les bacs ce 18 novembre, pourrait être le dernier… tout court. Vraiment ? Explications avec Shuriken, MC et Imhotep, compositeur et architecte de la musicalité IAM. Et auteurs, avec leurs potes du collectif marseillais, simple piqûre de rappel, de l’inusable chef-d’œuvre de huit minutes Demain, c’est loin. Que tout francophone devrait écouter, voire lire, avant de rejeter le rap d’un revers de l’oreille…

Tirons les choses au clair : IAM, c’est véritablement votre dernier album ?
Shuriken : "Oui, ce sera très certainement notre dernier album en contrat, avec notre maison de disques, Universal. Contrat signé dans les années 80, à une période où le marché musical était totalement différent, et qui touche à son terme. Ce sera donc, à moins de trouver une maison de disques envieuse de nous signer et de mettre les moyens nécessaires, le dernier album en tant que tel, dans la lumière du soutien d’une major. Mais ça ne veut pas dire qu’on arrête la musique. C’est peut être notre dernier album, mais IAM ne s’arrête pas… La passion est toujours intacte, on a encore des choses à dire. On est sur la route jusqu’à début 2015 au moins. Je passe plus de temps avec les gars qu’avec ma famille…"

Imhotep : "C’est qu’on reste absolument persuadés que la meilleure manière de défendre un disque, mais surtout notre musique, c’est sur scène. Après, il y a toujours la possibilité de travailler en label indépendant, mais, d’expérience, on sait que ça sera extrêmement compliqué."

Ce probable dernier disque s’inscrit dans la lignée d’Arts Martiens, sorti plus tôt dans l’année et qui est ce que vous avez fait de plus proche de votre album-cathédrale, L’école du micro d’argent.

Shuriken : "Absolument. On peut le voir comme une suite directe, il a été conçu au même moment, à New York, dans la foulée. L’éventualité d’un double album s’est posée à nous, mais on sait que le marché de la musique a changé. Et qu’un album passe désormais bien après les dernières Nike ou l’iPhone. Elle nous attriste, mais c’est une réalité."

Imhotep : "Il s’en distingue peut-être un peu par son caractère plus uptempo, et un côté revendicatif plus marqué, aussi."

IAM est détenteur d’une sonorité typique, qui mixe scratching, sampling de toutes les musiques du monde. Mais aussi le défenseur lyrical de certaines valeurs. À quel point vous flippez de voir Marine Le Pen aussi bien se comporter dans les sondages ?

Shuriken : "C’est devenu physique, cette dame me donne mal au ventre. Et la trouille. J’ai dit un jour qu’elle était plus dangereuse que son père. Plus vrai que jamais."

Imhotep : "Gaspard Proust disait, l’autre jour, qu’essayer le FN après que l’UMP et le PS n’ont pas fonctionné, c’était un raisonnement similaire à se dire : Tiens, y a plus rien dans le frigo, si je mangeais le bac à légumes ? Complètement d’accord."

Shuriken : "Si elle passe, j’te le dis moi, ils vont l’avoir leur république bananière ! Ça commence à puer sévèrement, et c’est le symptome d’une société malade qui se fourvoie en allant chercher des solutions sur un terrain où elles ne sont pas bonnes à prendre."

Vous êtes le porte-drapeau du rap français, mais de surcroît phocéen. Toujours aussi attaché à Marseille ?

Shuriken : "Bien sûr. On y a grandi, vécu, construit. Mais Marseille ne va pas mieux que lorsqu’on a commencé le rap, et c’est inquiétant."

Imhotep : "Le chômage est toujours en explosion dans certaines zones, les quartiers sont cloisonnés, la pauvreté perdure et la propreté fait défaut." C’est dingue, on vous ôte l’accent chantant, on pourrait penser que vous parlez de Bruxelles...

Shuriken : "C’est clair que pour venir souvent chez vous, et y avoir pas mal d’amis, on peut confirmer qu’il y a des similitudes."

Imhotep : "Si Le Pen passe, à mon avis, on ne s’éternisera pas en France... On pourrait totalement venir s’installer à Bruxelles... Plus qu’à Paris en tout cas !"

vendredi 1 novembre 2013

[Exclu Blog IAM] "Sombres manoeuvres/Manoeuvres sombres" était en fait deux morceaux

Voici une information pour les puristes. Akhenaton m'a appris au détour d'une conversation que le titre "Sombres manoeuvres/Manoeuvres sombres" était, à l'origine, deux morceaux qui se répondaient. L'un devait être sur "Arts Martiens", l'autre sur "...IAM". A la sortie d'Arts Martiens, il n'y avait aucune garantie que Def Jam accepte de sortir un second album. C'est pour cela qu'IAM a "enregistré" une version consolidée. Cela fait deux morceaux inédits à rechercher ;-)

dimanche 27 octobre 2013

[SudInfo.be] IAM: «Le groupe n'a jamais été aussi soudé»


Bonjour IAM. Vous venez d’annoncer votre dernier album. Ça y est, c’est la fin du groupe de rap français culte ?

Akhenaton : Non, contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent croire, paradoxalement. C’est important de clarifier que notre groupe n’a jamais été aussi soudé et proche que ce qu’il est aujourd’hui. Et je pense que ça vient du fait qu’on fait beaucoup de concerts. Mais nous l’avons aussi ressenti en créant ce dernier album. Tant la conception, l’enregistrement, le mixe ou encore la promotion n’ont été que des grands moments de plaisir.

Imhotep : En plus, l’envie de créer et de travailler ensemble est toujours présente. On peut imaginer qu’une maison de disques dans 6 mois nous propose un contrat décent et nous fournit un cadre de travail acceptable, je pense que nous n’hésiterons pas longtemps pour faire un nouvel album.

De belles promesses que vous donnez à votre public qui espère certainement une suite ?

Shurik’n : Au niveau de la musique ce n’est pas fini, en tout cas ! Mais au niveau du dernier album, c’est vrai qu’on parlait d’un contexte contractuel. Et que nous souhaitions un certain confort de travail que nous ne sommes pas certains de retrouver. Ces types de contrats, on ne les retrouve plus forcément dans l’industrie de la musique de nos jours.

Aucune projection, donc, sans les bonnes collaborations ?

Shurik’n : C’est ça. Maintenant on a tous fait des expériences sur des projets annexes, des projets estampillés IAM ou d’artistes solos. Mais demain, reste très loin et il nous est difficile de pouvoir annoncer quelque chose. Ce qui est prévu, c’est beaucoup de scène jusque fin 2014. Voire au-delà. Après nous n’excluons rien, car la passion est là et l’envie commune reste. Tant qu’il y a cela, les portes sont complètement ouvertes.

En attendant, que retrouve-t-on dans cet album ultime intitulé « IAM » qui sortira le 28 novembre prochain ?

Akhenaton : Cet album est enregistré dans la continuité de celui qui précède « Arts Martiens » en fait.

Imhotep : Les titres faisaient partie de la même session d’enregistrement, composés et écrits d’ailleurs à la même époque. C’est pourquoi quand nous avons établi la tracklist définitive de « Arts Martiens », nous nous sommes retrouvés avec plus de 45 titres. Le choix était difficile, mais il a dû se faire. Alors nous avons trouvé dommage de ne sortir qu’un album car nous étions sur notre faim. C’était important de faire connaître les morceaux qui sortiront le 28 novembre 2013. Ça été rendu possible par le label Def Jam qui a accepté de le sortir et nous en sommes ravis.

Akhenaton : Mais on ne doit pas vous mentir, ce n’était pas gagné la sortie de « IAM », le prochain album ! Car certains morceaux prévus dans d’autres albums ne sont jamais sortis. Ici, c’est le contraire et c’est dû au fait que l’album « Arts Martiens », marche bien !

Et cet opus « IAM » s’inscrit dans la continuité de le public connaît du groupe ?

Akhenaton : Musicalement parlant, c’est dans la lignée. Mais peut-être avec plus de tempo, plus de mordant et des titres encore plus engagés. Si bien qu’on prend des risques à jouer des morceaux qui ne sont pas encore sortis. Mais au-delà des festivals, nous sommes dans une logique de la tournée d’IAM.

L’engagement, justement, parlons-en car c’est bien un terme qu’on associe à votre groupe. Au niveau de l’actualité française, le Front National qui perce en France comme le montre son score à Brignoles pour les cantonales, qu’est-ce que ça vous inspire ?

Shurik’n : Je vais rester poli (Rires). Cela fait peur et c’est de mauvais augure ! On se rend compte que des personnes cherchent des solutions là où elles ne sont certainement pas, car de ce côté-là, ça va être pire. Ils n’ont pourtant pas l’air de s’en rendre compte. Il y a beaucoup de désespoir, d’ignorance et de peur chez les gens qui sont les principaux matériaux de fonctionnement de l’extrême-droite.

Akhenaton : Les gens sont aussi aigris et ils n’arrivent plus à faire la part des choses. 30 ans que le Front National existe, donc leurs électeurs savent pour qui ils votent. Ils savent que c’est un parti raciste et xénophobe… Ce sont donc des irresponsables ! Quant à la classe politique, qu’elle soit de gauche ou de droite, elle devrait arrêter de dire que ce parti est constitué de contestataires. C’est peut-être des gens qui veulent faire la révolution et qui pensent, mais nous on va leur faire la révolution.

Et côté musique, pensez-vous qu’il y a dans la nouvelle génération des rappeurs tout aussi engagé que IAM ?

Akhenaton : Oui, on peut citer 1995, Youssoupha ou encore Orelsan. Shurik’n : En fait, ce n’est même pas qu’ils se rapprochent de nous, mais ils ont une conception du rap, plus particulièrement du hip-hop, qui est proche de la nôtre.

Quant aux autres, ceux qui sont dans les charts du moment tels que Booba, La Fouine ou Rohff ?

Akhenaton : Je ne sais pas, je ne les écoute pas et je ne connais même pas les morceaux.

Est-ce le signe d’un désintérêt ?

Akhenaton : Ce n’est pas du snobisme, car nous avons plus grandi avec le rap américain. Imhotep : D’ailleurs notre principale source d’inspiration est le rap américain qui est en perpétuelle évolution. Les trois sont pour nous des contre-exemples de choses que nous écoutons. Nous n’avons pas le temps. Alors oui, ils ont effectivement des clics, un buzz… Mais comme dit mon banquier, on ne paye pas son loyer avec des clics et du buzz. En plus, il y a une grande diversité dans le rap. Il ne faut donc pas se cantonner à la partie émergée de l’iceberg, aux quelques groupes qu’on entend sur les grands médias, les artistes un peu mainstream (NDLR : en vogue). On ne peut vraiment pas se limiter au rap commercial, bling-bling.

Enfin, quel regard jetez-vous sur votre parcours ?

Akhenaton : On en parle souvent car on évoque nos souvenirs. Je dirais qu’il n’y rien à regretter. Il y a eu de bons et de mauvais choix, mais cela a toujours été nos choix. IAM, si vous voulez, c’est une longue histoire de travail commun et surtout d’amitié. Quand on fait le calcul, je passe autant de temps qu’avec eux que ma famille. C’est donc aussi la famille, avec les bons et les mauvais côtés, des jours avec ou sans. Nous ne changerions rien à notre parcours ni à notre style de vie. Nous sommes vraiment très heureux de nous lever chaque matin et de faire ce métier. C’est une chance d’allier métier et passion, ce qui est tellement rare de nos jours.

lundi 14 octobre 2013

[Exclu Blog IAM] Akhenaton: "IAM ne se sépare pas, c'est une mise en sommeil forcée"


J'ai eu le privilège, hier, d'échanger avec Chill sur le futur du groupe. Celui-ci a été très clair en annonçant tout de go qu'"IAM ne se séparait pas". Le programme du groupe est d'ailleurs très chargé car des concerts sont programmés jusqu'à fin 2014.

Alors pourquoi cette annonce?

La réponse est malheureusement simple. IAM n'est plus sous contrat avec une Major. Jusqu'à présent, IAM disposait d'un contrat "survivant des années 90" dixit Akhenaton et il est très improbable qu'un tel contrat puisse de nouveau être proposé aux marseillais. Malgré une excellente collaboration avec Def Jam que Chill compare aux belles années avec Delabel, rien n'a été présenté à IAM. Mais on ne sait jamais? Ce n'est pas définitif donc mais plus que probable. Alors il reste le choix de l'indépendance. "C'est vraiment compliqué pour un groupe comme IAM qui a l'habitude de tout soigner" me précise Chill. Pour sortir des beaux clips, un bon mix, faire une belle promo, il faut des moyens. Chill conclut ce point avec cette formule qui veut tout dire "nous ne voulons pas faire une sortie minable".

Le futur d'IAM

IAM reste une "bande de potes" et il n'est pas question de séparation. Le live reste bien sûr au menu mais des collaborations "sous d'autres formes", selon Chill, sont également à attendre. "Ce n'est pas une séparation mais une mise en veille forcée" précise AKH. 

 En conclusion, rien n'est définitif mais ...IAM sera très probablement le dernier album studio d'IAM.

Vive IAM! IAM nous le sommes, nous le restons.